2008
13
mar
Pékin en forme olympique
Le 13 juillet 2001, le Comité olympique international (CIO) attribuait l’organisation des Jeux olympiques d’été de 2008 à Pékin. Ils auront donc lieu pour la première fois en Chine, pays à part, culture à part.
Lors de la 112e session du Comité International Olympique (CIO) tenue à Moscou, l’une des dernières présidées par Juan Antonio Samaranch, auquel Jacques Rogge a succédé quelques jours plus tard, Beijing, la capitale chinoise fut désignée ville hôte des 29e Jeux Olympiques de l’ère moderne. Pékin, qui avait été battue de deux voix par Sydney pour l’obtention des Jeux 2000, a été élue au deuxième tour du vote des membres du CIO par 56 voix contre 22 à Toronto (Canada), 18 à Paris (France) et 9 à Istanbul (Turquie). Les Jeux de Beijing auront lieu du 8-8-2008 au 24-8-2008, avec une cérémonie d’ouverture dont le coup d’envoi sera donné à 8h08min08sec PM. Le 8 étant le chiffre porte bonheur en Chine et plusieurs pays asiatiques. La Chine devrait, selon le comité d’évaluation, « organiser d’excellents jeux » et ceux-ci devrait « laisser un héritage unique à la Chine et au sport. »
Outre les 10 500 athlètes, 303 épreuves, 18 000 accréditations, les jeux de Pékin sont avant tout un enjeu stratégique, politique, économique, diplomatique et financier. Les yeux du monde entier seront tournés vers la Chine pendant une bonne partie du mois d’août, espionnant faits et gestes du puissant parti communiste. Les Jeux sont une vitrine incroyable, le parti communiste en est plus que conscient. Pas question de laisser les questions des Droits de l’Homme et du Tibet apparaîtrent. L’image doit être parfaite, le peuple accueillant, l’eau transparente, le ciel bleu, la Chine vainqueur, la parfaite carte postale. Pékin, « un monde, un rêve » tel est le slogan des Jeux. Alors rêvons un peu.
Le sport du rêve à la réalité ?
24-08-2008 : bilan des médailles ; pour la première fois de son histoire la Chine surpasse les USA au nombre de médailles remportées. Voila des jeux tels que les désire le PC chinois. La Chine est la civilisation la plus ancienne - 4500 ans- et il est temps pour elle de retrouver l’hégémonie qu’elle a eu sur le monde pendant tant de siècles. Après tant d’années noires sous domination étrangère, l’empire du milieu retrouvera son rang de numéro 1. Tout un pays, parfois n’étant pas du tout familier avec le sport, sera derrière ses athlètes pour la cause nationale. Ici pas question de supporter les Italiens ou les Japonais car plus glamours. Le double objectif de la délégation olympique est : d’avoir un représentant dans chaque discipline et de mettre à mal la suprématie de l’empire américain, symbole au combien important.
Un seul parti, une seule Chine, plusieurs mécontents.
La région autonome du Xinjiang, région musulmane de Chine, est aujourd’hui la cible de Pékin. A la veille des jeux, le parti veut renforcer son autorité dans cette région non-Han, les Han étant les principaux habitants de Chine. Par différentes actions et communiqués, Pékin déploie son pouvoir. Ainsi plusieurs complots d’attentats contre les Jeux et contre un avion reliant Pékin à Urumqi auraient été avortés cette semaine grâce à l’intervention des forces de l’ordre chinoises. Les organisations terroristes auraient des liens avec Al-Qaida. Info ou intox de la part du gouvernement chinois, ou le début de la politique de la terreur. En tout cas, il est clair que depuis 50 ans, le gouvernement chinois prône une politique colonisatrice dans le Xinjiang.
La Chine, ce vaste chantier.
Pékin n’a pas lésiné sur les moyens afin de se donner des airs olympiques, digne d’une grande capitale mondiale. 40 milliards de dollars ont été dépensé dans la construction des stades, avec des stades plus extravagants les uns que les autres, en forme de nid d’oiseau, de ruche. La ville a débloqué plus de 25 milliards de dollars pour la modernisation et l’élaboration de projets urbains, environnementaux, de transports et de développement : Le nombre de lignes de métro a triplé, un nouveau terminal a ouvert ses portes à l’aéroport, les taxis, vétustes Citroën ZX ont été remplacée par de nouvelle Hyundai avec la climatisation. Le taux de croissance du pays ne cesse d’augmenter et le PIB par habitants a doublé en sept ans, atteignant aujourd’hui plus de 8000usd. Cette machine industrielle qu’est la Chine suscite de nombreuses questions sur le thème de l’écologie. Bonne nouvelle, les Jeux de Pékin se veulent un modèle écologique pour le pays et pour les manifestations d’envergure mondiale à venir telle que l’Expo universelle de Shanghai en 2010. Le temps ou le comité d’organisations faisait repeindre les pelouses malades en vert les veilles de passages du CIO serait il révolu ? Sera-t-il possible pour les athlètes de performer tel qu’ils le souhaitent malgré la pollution ? Des missiles seront t il tiré afin de dispersé l’épais brouillard pékinois ? L’écologie, point noir de la candidature chinoise, sera-t-elle à la hauteur des espérances du monde entier pendant ces JO ? En tout cas, certains athlètes, dont Haile Gebreselassie, ont décidé de se retirer des épreuves telles le marathon.
Les pratiques, le dopage.
« Seule la première place à de la valeur », nous sommes bien loin de la devise « l’important c’est de participer » du Baron Pierre de Coubertin. Nul n’est sans savoir que le dopage est présent dans le sport, tant aux USA avec l’affaire BALCO, qu’en Chine où certaines pratiques du rideau de fer sont toujours d’actualités. Pékin veut des Jeux propres. « Pékin, un monde, un rêve », pour y arriver certains s’en donneront les moyens.
