Il est ainsi écrit sur le site du CIO : “Durant cette période de trêve, les athlètes, les artistes et leur famille, ainsi que les simples pèlerins pouvaient voyager en toute sécurité pour participer ou assister aux Jeux olympiques puis retourner dans leur pays respectif. (…) Le Comité international olympique a décidé de faire revivre la tradition de la trêve olympique (…) pour encourager la recherche de solutions pacifiques et diplomatiques aux conflits qui sévissent dans le monde.”
Une journaliste européenne travaillant à Pékin depuis plusieurs années a accordé à Reporters sans frontières un témoignage saisissant sur les conditions de travail à Pékin et les risques encourus par les Chinois qui osent parler à la presse étrangère : “Ils ne cessent de me suivre, de me filmer, de me photographier. J’hésite avant d’interviewer des Chinois sur des problèmes sensibles, de peur qu’ils soient arrêtés. (…) La semaine dernière, plusieurs Chinois ont été arrêtés après m’avoir accordé des interviews. D’abord, des habitants du quartier en pleine rénovation de Qianmen. Parmi eux, une femme responsable d’une association de délogés qui a déposé une plainte contre le gouvernement pour des indemnisations trop faibles. Le procès devait avoir lieu en juillet, mais à cause des JO, cela a été reporté. Je l’ai interviewée, comme d’autres collègues, et depuis elle est détenue. De même pour un prêtre d’une église non officielle. Enfin, une britannique d’origine tibétaine a été arrêtée et expulsée après m’avoir accordé une interview. Dans ces conditions, nous sommes tous poussés à l’autocensure et nous refusons d’interviewer certains Chinois, de peur qu’ils soient ensuite arrêtés. Nous sommes dans cette situation qui rend très difficile notre travail en Chine, malgré les améliorations générales. Et en plus, la presse officielle ne cesse de nous attaquer depuis les événements de mars au Tibet. Au-delà des menaces de mort reçues par des dizaines de journalistes étrangers, les médias chinois tentent de nous décrédibiliser. Tout cela n’a fait que s’accélérer à l’approche des Jeux.”
De son côté, Hua Huiqi, leader d’une église protestante non reconnue, a été arrêté par la police le 9 août à Pékin alors qu’il se rendait à une messe en présence de George W. Bush. Son frère, Hua Huilin, lui aussi arrêté, affirme avoir été relâché au bout de quelques heures mais être sans nouvelles de Hua Huiqi. La police nie toute responsabilité dans sa disparition et affirme ne jamais l’avoir détenu. L’organisation Human Rights in China indique quant à elle que Hua Huiqi lui aurait envoyé une courte lettre racontant sa détention et son évasion.
“Les autorités chinoises ont refusé des visas à une dizaine de membres de l’organisation. Cela ne nous a pas empêchés d’être entendus à Pékin en diffusant clandestinement un programme radio grâce à des émetteurs FM miniaturisés et des antennes mobiles. C’est dans un esprit de résistance au contrôle des médias que Reporters sans frontières a conçu et organisé cette action”, a déclaré Robert Ménard.
“Il s’agit bien de la première station non étatique diffusée en Chine depuis l’arrivée du Parti communiste chinois au pouvoir en 1949. Seules les radios internationales en chinois qui émettent en ondes courtes pourraient briser ce monopole de l’information, mais elles sont brouillées par les autorités”, a ajouté l’organisation.
Le 8 août 2008 à 8 heures 08 du matin heure locale, douze heures exactement avant le début de la cérémonie d’ouverture des JO de Pékin, “Radio sans frontières” a émis sur Pékin à partir de plusieurs émetteurs, sur la fréquence 104.4 de la bande FM.
En introduction du programme de 20 minutes, en anglais, mandarin et français, Robert Ménard, a expliqué que cette radio est “le plus beau pied de nez aux autorités chinoises qui détiennent encore des dizaines et des dizaines de journalistes et d’internautes en prison. (..) Malgré tout, il y a des gens qui vont pouvoir faire entendre ce que vous ne voulez pas que l’on entende, en plein c¦ur de Pékin. (Š) Quelles que soient les mesures que vous prenez, vous n’arriverez pas à bout de la libre parole.” Le secrétaire général de Reporters sans frontières a ensuite lancé un appel aux autorités chinoises à libérer les prisonniers d’opinion et à cesser de brouiller les fréquences des radios internationales qui émettent en chinois. “Vous nous avez interdit d’aller à Pékin, vous nous avez mis dehors de la Chine. Malgré tout, on est là et on se fait entendre, pacifiquement, de manière totalement non violente. C’est une façon de dire, la censure, cela ne marche pas.”
Le programme contient également des interviews de plusieurs défenseurs chinois des droits de l’homme réfugiés à l’étranger. Une ancienne journaliste, He Qinglian, y explique la censure et l’autocensure imposées à ses confrères restés en Chine. Une militante d’une organisation de défense des droits de l’homme témoigne de la répression dont ont été victimes des activistes chinois à la veille des Jeux olympiques. Tandis que Yang Jianli, ancien prisonnier politique, raconte ses conditions de détention déplorables. “Les pressions de l’extérieur sont essentielles pour améliorer la situation des prisonniers politiques”, a affirmé Yang Jianli. Enfin, le directeur du site Internet Boxun.com, basé aux Etats-Unis et toujours bloqué en Chine, décrit les motivations des contributeurs bénévoles du site, qui, malgré les risques, postent des informations sur la situation sociale et politique.
Ecouter le programme sur http://www.rsf.org/ ou http://jeuxolympiques.rsfblog.org/
Source: RSF
]]>Pendant que les athlètes participeront à l’ouverture des Jeux demain, quelques manifestations pro-tibétaine auront lieu. Malgré l’accalmie de ces derniers mois, l’opinion publique reste en faveur d’un Tibet libre et ceux principalement au Canada, aux USA ou les consulats et ambassades chinois ont été pris d’assaut, en Inde, et, en France, où un arrêté prefectoral interdit l’accès à l’ambassade de Chine afin d’éviter toute manifestation. Cette décision est bien évidemment politique afin de contenter le gouvernement chinois. Une fois de plus, le gouvernement français démontre sa dépendance à l’économie chinoise, allant même à se prostituer devant l’empire du milieu. Si Shanghai est la pute de l’orient, la France est la catin de l’Europe.
Malgré tous les efforts consentis par l’organisation chinoise, la pollution et la lourdeur du climat seront un point négatif de ces Jeux. J Rogge qui clamait la possible annulation de certaines épreuves n’aura pas l’audace de passer à l’action…CIO, sponsors, développement économique…dois je faire un dessin ? Soulever ce problème n’aura qu’un impact éphémère sur la Chine.
Village olympique retranché, navigation internet surveillée. Le village olympique est difficilement accessible, de même que les alentours du stade. Les sites visités par les journalistes seront suivi à la seconde. Il n’est pas improbable qu’il y est d’ici quelques jours une grogne des media par rapport à leurs conditions de travail. Une coupure de la toile n’est pas à exclure.
Il ne reste plus qu’à fermer les yeux sur ces différents points et les autres (infanticides récurent de petites filles en Chine par exemple) et espérer quelques médailles françaises. Même notre postier préféré clame haut et fort que les Jeux doivent être respectés. Et les gens ? Peut être un audacieux aura le courage de braver le CIO et de réaliser un geste fort…
]]>“Encore une promesse non tenue ! A neuf jours de la cérémonie d’ouverture, il s’agit d’une provocation supplémentaire des autorités chinoises. Cette situation nous laisse craindre de nombreux cas de censure pendant les Jeux. Nous dénonçons l’immobilisme du Comité international olympique face à cette situation et sommes plus que sceptiques quant à sa capacité à “veiller” à la diffusion de l’information”, a déclaré Reporters sans frontières.
Sun Weide, porte-parole du comité d’organisation des Jeux olympiques, a déclaré le 30 juillet “pendant les Jeux olympiquesn nous fournirons un accès à Internet suffisant pour les journalistes”.
Le Web auquel peuvent accéder les journalistes étrangers au principal centre des médias de Pékin n’est que relativement libre. Le 29 juillet 2008, ils ne pouvaient pas accéder au rapport publié par l’organisation Amnesty International et intitulé “The Olympic countdown - broken promises” ainsi qu’aux sites Internet de nombreux médias étrangers (BBC version chinoise, la chaîne allemande Deutsche Welle, le quotidien de Hong Kong Apple Daily, et celui de Taiwan, Liberty Time). Le site de Reporters sans frontières est également inaccessible, ainsi que ceux du mouvement spirituel Falungong.
En février 2008, le CIO avait annoncé que les athlètes pourraient alimenter des blogs durant la durée des épreuves, considérant le blog comme “une forme légitime d’expression personnelle et non une forme de journalisme”. Il avait refusé en revanche tout contenu politique qui pourrait être hébergé par de telles publications en ligne.
Source: RSF
]]>“D’après nos informations, la Ville de Pékin aurait décidé de geler pour quelques mois toute implantation d’entreprise française sur son territoire”, écrit le quotidien économique, qui y voit un signe du mécontentement persistant de la Chine vis-à-vis de la France à propos du Tibet. Le journal note qu’aucune autorité chinoise n’a fait de déclaration officielle, mais ajoute que “les cabinets d’avocats occidentaux sont catégoriques” pour dire que “depuis quelques jours, tous les dossiers présentés par des entreprises françaises, si complets soient-ils, se voient opposer une fin de non-recevoir”.
Source: Lemonde.fr & AFP
]]>« Le soutien à notre action des spectateurs parisiens de la dernière étape du tour de France témoigne de l’exaspération des amateurs de sport quant à la situation des droits de l’homme en Chine et au Tibet. A quelques jours du 8 août 2008, nous appelons les amoureux du sport à se mobiliser contre la répression des défenseurs de la liberté d’expression chinois», a déclaré Reporters sans frontières.
Le 27 juillet 2008, un drapeau géant de la campagne Pékin 2008 a été déployé au passage des coureurs du tour de France dans le jardin des Tuileries à Paris.
Une centaine de journalistes, cyberdissidents, blogueurs et internautes sont emprisonnés en Chine, à deux mois des Jeux olympiques. Les autorités de Pékin n’ont pas respecté les promesses qu’elles avaient faites en 2001, concernant le respect des droits de l’homme, lorsque la ville avait été choisie pour organiser les olympiades de 2008.”
Source: RSF
A noter que cette manifestation n’a pas eu le droit au direct de la part du diffuseur du Tour de France.
]]>Depuis le 17 juin, Eutelsat a interrompu la diffusion, via le satellite W5, de NTD TV, mais aussi d’Euronews vers l’Asie, et notamment vers la Chine. Raison invoquée : “un accident technique” sur le satellite W5 survenu dans la nuit du 16 au 17 juin, explique une porte-parole de l’opérateur européen de satellites qui a souhaité garder l’anonymat. Après une “enquête technique”, Eutelsat a conclu à une “panne irréversible” qui a fait perdre au satellite W5 de sa puissance. Les deux chaînes continuent désormais à être diffusées via un autre satellite d’Eutelsat mais seulement en Europe. En ce qui concerne la diffusion vers l’Asie, “il y a des moyens de sortir NTD TV de l’impasse et de redémarrer la diffusion par des satellites d’autres entreprises”, a cependant assuré la même source.
DES PLAINTES DU GOUVERNEMENT CHINOIS SELON RSF
Cette interruption a été jugée inacceptable par NTD TV qui en est à la moitié de la durée son contrat avec Eutelsat. Le 10 juillet, Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé le rôle et les pressions du régime chinois dans la décision d’Eutelsat et de son PDG Giuliano Berretta. Sur son site Internet, l’association a publié la retranscription d’une conversation téléphonique entre un responsable du groupe satellitaire à Pékin et un interlocuteur qui se faisait passer pour un responsable chinois. Selon RSF, le salarié d’Eutelsat a affirmé que l’interruption de NTD TV en Asie a fait suite à “des plaintes et des rappels du gouvernement chinois”. “A quelques semaines des Jeux olympiques, la suspension de NTDTV, une chaîne qui dérange le gouvernement de Pékin car elle peut être reçue librement par des dizaines de millions de foyers chinois, apparaît comme une faveur d’Eutelsat pour obtenir de nouveaux marchés”, dénonce l’association. Un avis partagé par Isabelle Chaigneau, qui demande le rétablissement de la diffusion de la chaîne en Asie avant le début des Jeux olympiques. De son côté, le groupe, qui n’a par ailleurs jamais critiqué le contenu de la chaîne, “dément fermement toute pratique discriminatoire”.
Ce n’est pas la première fois que la chaîne de télévision NTD TV est en conflit avec Eutelsat. En 2005, déjà, l’opérateur de satellite européen avait décidé de ne pas prolonger le contrat de diffusion de la chaîne. L’affaire avait même été portée devant la justice française et le tribunal de grande instance de Paris avait débouté NTD TV. Mais, grâce à une mobilisation, la chaîne avait finalement réussi à prolonger son contrat. Une pétition en ligne adressée au PDG d’Eutelsat afin de défendre l’accès aux médias libres en Chine a été signée par plus de 1 000 personnes, dont plus de 250 parlementaires français et européens. Lionnel Luca, député UMP des Alpes-Maritimes et président du groupe d’études sur le Tibet à l’Assemblée nationale, a eu des mots très durs à l’égard du gouvernement chinois qu’il a qualifié, mardi 22 juillet, de “régime à abattre, et infréquentable”. Selon lui, si le PDG d’Eutelsat, Giuliano Berretta, ne rétablit pas la diffusion de NTD TV en Asie, il sera “le premier collabo de notre époque, et incarnera le déshonneur des démocraties lâches et qui se couchent”.”
Source: Lemonde.fr
]]>Pourquoi cette initiative?
Le message que nous souhaitons faire passer, c’est «il n’est pas trop tard pour réagir». Ces Jeux restent une tribune pour pouvoir défendre les droits de l’Homme en Chine, il faut l’utiliser. Après la forte mobilisation au moment du passage de la flamme olympique, il y a eu un moment de creux après le séisme qui a frappé la Chine. Et c’est bien normal, la décence l’imposait. Seulement à un moment donné, il nous est apparu important de relancer le mouvement, d’alerter à nouveau, de ne pas laisser le gens fermer les yeux. D’où ces clips réalisés par le théâtre du soleil mais portés par un collectif plus large, mentionné au générique, comprenant des dissidents chinois, des exilés tibétains, Reporters sans frontières, la Ligue des droits de l’homme…
L’un des clip interpelle directement les athlètes…
Ce sont des athlètes mais ce sont aussi et d’abord des citoyens comme les autres. A ce titre, nous leur demandons un geste, une réflexion. On ne peut pas les exonérer de ça. Ils sont adultes, ils ont une conscience. Dans l’histoire des athlètes se sont déjà exprimés, pourquoi pas aujourd’hui? Personne ne peut se rendre innocemment à ces jeux, que l’on soit athlète, touriste ou chef d’Etat.